Texte de l'intervention de Nicole Hugon au dernier congrès de thérapie communautaire de Porto Alegre (Brésil), en septembre 2008
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Résumé :
Depuis 1946 les politiques sociales en France ont reposé sur la notion solidariste de protection sociale et de droits sociaux financés par des prélèvements sur les revenus du travail. Le processus de globalisation et l’évolution des modes de production ont induit un chômage de masse durable, qui touche les catégories les plus défavorisées de la population, et entraîne l’augmentation massive du nombre des personnes vivant une précarité durable, et une disqualification sociale : on est passé de la notion de titulaire d’un droit à celle d’assisté. Les personnes précarisées accumulent les difficultés : faible qualification, faible accès à la culture, problèmes de santé, quartiers ghettos, familles éclatées, migrants… Peu à peu, elles intériorisent leur propre disqualification, et se résignent à stagner dans l’assistanat. L’usage des drogues, l’alcoolisme, l’économie parallèle et les explosions de violence sont les conséquences visibles de cette disqualification. Le travail social oscille entre la distribution d’allocations à la personne et les tentatives de favoriser son intégration. On observe aussi une tendance à la psychiatrisation et/ou à la criminalisation de la misère. Mais bien rares sont les institutions qui s’attachent à reconstruire le lien social. Pourtant l’exception marseillaise (moins de violences) est à chercher du côté de l’activité des associations qui tissent et re-tissent le lien social dans les quartiers. L’expérience de TC à Saint Barnabé a montré qu’elle était utilisable dans notre pays. La TC pourrait aider à redynamiser le champ du social en reconstruisant des solidarités, en facilitant les échanges entre populations culturellement différentes mais pareillement dévalorisées à retrouver le chemin de l’autonomie face aux pouvoirs publics.