Citations et proverbes
Rodolphe Caraly nous fait parvenir ce bouquet de sagesse et d'humour
Les textes de cet article sont tirés du livre:
Des racines pour l’avenir
Cultures et spiritualité dans un monde en feu
De Thierry Verhelst à l’Harmattan
Une image représentative de la mystique hindoue est celle d'une goutte d'eau dans l'océan. Tant que cette goutte s'identifie aux apparences, à ce qui lui donne la forme d'une goutte d'eau, elle succombe à l'illusion. Elle ne devient sage, éclairée et divine que lorsqu'elle prend conscience qu'elle constitue l'océan.
Philosophe sophiste grec : « l'homme est la mesure de toute chose »
Montaigne n'écrivait-il pas déjà en son temps : «tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passées au fil de l'épée, et la plus riche et belle partie du monde bouleversée pour la négociation des perles et du poivre! »
« Celui qui va plus vite que la musique danse mal » dit-on au Burkina faso.
Proverbe congolais : « quand tu dis demain le diable rit. »
Edgar Morin assène : « le mal -être croît partout ou croît le bien-être tandis que le toujours plus s'impose là où il faudrait un toujours mieux».
Une des loi essentielle du soufisme... « ce que tu as en tête, abandonne le; ce que tu as en main, donne le; ce qui t'advient, ne l'esquive pas ».
« Quand on libère le désir de ses enfermements dans les objets, alors il désire infiniment. C'est le Saint désir dont parlent les mystiques »dit Rachel Goettmann
« La mort est enceinte de la vie » dit-on au Ghana.
« Regarde ta main si agile. Elle l'est parce que ses doigts sont tous différents. Qui se plaindrait que l'index est plus long que le pouce? De même en société, ce sont nos différences qui permettent la vie ». Remarque entendue au Burkina Faso
« Est pauvre, non pas celui qui n'a a pas de chemise, mais celui qui n'a personne », dit le proverbe africain
Le premier ministre du Bhoutan a en tous cas exprimé l'intention de remplacer le PNB (Produit national brut) par le BNB (Bonheur national brut) comme étalon du « développement » de son pays. Le vrai sous-développement ne réside-t-il pas avant tout dans le manque d'estime de soi…
« L'argent est bon mais l'homme est meilleur car il répond quand on l'appelle », dit le proverbe bamiléké.
Goethe déjà, faisait dire à son Faust : « Je reconnais bien là vos savants. Ce que vous ne touchez pas est à cent lieux de vous. Ce qui échappe à vos calculs, vous le tenez pour faux. Ce que vous ne monnayez pas est à votre estime sans valeur ». Depuis Goethe, on a quand même fait du progrès »…
Un proverbe marocain… « Celui qui calcule reste seul ».
Ses observations personnelles d’expert international et de sage l’on persuadé [Majid RAHNEMA] « qu’il existe bel et bien au fond de tout être humain, et dans l’inconscient collectif, un archétype de la pauvreté ». Il s’agit d’une vie simple mais riche en relations. Majid Rahnema, rapporte que son grand-père avait été béni par ce qu’il appelle « le don de la pauvreté ». Il vivait libre de tout besoin. Sa maman citait le prophète Mahomet dont le mot célèbre « al faqro fakhri » (la pauvreté est ma gloire) constituait pour ces disciples une invitation à la pauvreté choisie.
Les Mossi du sahel… : « le monde c’est l’entraide ».
Un nombre heureusement croissant d’acteurs dans le monde des ONG comprennent que « développer » n’est pas un verbe transitif. On ne devrait jamais dire : « nous allons vous développer ! ». L’arrogance de ce projet est manifeste. On ne développe pas les gens ; ils se développent.
Le taoïsme enseigne « la suprême docilité à être le jouet des circonstances fortuites ». Et Lao Tseu d’ajouter ce commentaire antinomique, bouleversant et révélateur : « voilà pourquoi le sage est capable d’accomplir les grand desseins du non-agir ».
Est-ce une autre traduction de : « le non-être pénètre l’impénétrable, c’est ainsi que je connais la suprême efficacité du non-agir » ?
Un journaliste lui [Dalaï Lama] demanda un jour pourquoi il arborait un sourire aussi franc et joyeux alors que son peuple vivait dans l’oppression et que lui-même subissait un amer exil. Il répondit avec la sagesse malicieuse qu’on lui connaît : « Je souris dans toutes les circonstances de la vie car s’il y a un problème, c’est qu’il doit y avoir une solution. Et s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème ! ».
Selon cette conception qui relève du réalisme mystique et non seulement du réalisme matériel, l’homme est appelé à trouver l’opacité close du monde objectivé et empêtré dans son immanence. Il s’agit de reconnaître dans l’invisible l’endroit du monde et non son envers.
Les nuits sont enceintes et nul ne connait le jour qui naitra. Proverbe turc
« L’homme peut vivre à la manière d’une chose, une telle vie lui apparaît sous l’aspect d’une démission » Emmanuel Mounier
« le savoir occidental regarde au-dehors ; la sagesse orientale regarde au-dedans. Si vous regardez au-dedans comme vous regardez au-dehors, vous faîtes du dedans un dehors. Mais si vous regardez au dehors comme vous regardez au dedans, alors vous faîtes du dehors un dedans », expliquait au Japon le maître zen Suzuki à Karlfried Graf von Dürkheim.
« l'église des origines » si chère à l'orthodoxie : « c'est en retrouvant l'impertinence qui était la sienne au temps de son origine qu'il retrouvera sa pertinence »
Ce fantasme de séparativité c’est en somme ce que la tradition chrétienne appelle l’exil, ou encore le « péché ». Celui qui entend ce mot l’identifie à la lourde culpabilité qui a souvent marqué la foi chrétienne en occident. … Pour la tradition chrétienne, le péché ne constitue pas d’abord une faute morale mais un état, qui se caractérise par un manque de plénitude. Le sens du mot péché (hata en hébreux, amarita en grec), c’est littéralement « ce qui vise à côté de la cible », donc « rater un but », « perdre le sens exact ».
Outre le mot péché, le terme diable est devenu tabou en occident. Il vient du grec diabolos, celui qui « jette en travers ». il est le « séparateur », l’ange porteur de mort qui cherche à nous séparer de la vie. Le diabolos s’oppose au symbolon, ce qui réunit. C’est donc le diabolos qui nous induit dans le « fantasme de séparativité », envers Dieu et envers les frères. Les pères enseignent que le refus de l’amour divin c’est « l’enfer ».
Dans la vision proposée par les vieux auteurs chrétiens, Dieu a foi en l’homme. Ainsi en atteste ce dialogue tragi-comique entre un commissaire politique soviétique et un père orthodoxe prisonnier dans un camp de Sibérie. Convoqué par ce cadre politique communiste, le prêtre se prosterne devant lui :
- « Redresse-toi, tu es fou ! Que fais-tu ? » hurle le commissaire.
- « Je me prosterne devant Dieu qui est en toi », répond le pope.
La réaction fuse sèchement :
- « Je ne crois pas en dieu ».
- « ça c’est ton problème, mais Lui croit en toi », répond doucement le prisonnier.
.. .Lacordaire : « Entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchie ».
…Christian Bobin … écrit que les premier flocons de neige donnent parfois plus de lumière
que les textes sacrés.
« Je ne cherche non tant à saisir qu’à être saisi », écrit St Paul.
Le mahatma Gandhi le disait déjà il y a plus de cinquante ans : il faut être le changement que l’on veut voir dans le monde.
Etty Hillesum notait à la veille d’entrer dans le camp de concentration « Je ne crois pas que nous puissions changer quoi que ce soi au monde extérieur que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs ».
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03 Avril 2009 à 06:18 dans
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